J'enchaîne les tournois jusqu'à plus soif. Et même si je ne gagne pas, j'apprend beaucoup. En résumé aujourd'hui, le 500$ du Caesar ou je termine avant le diner break et j'enchaine avec le 150$
toujours au Caesar ou je saute au bout de 40 minutes sur un setup parfait !
Petit compte rendu de la journée : réveil vers 8h, nuit normale, plus d'effet de décalage horaire. Après avoir pris des nouvelles de la famille je décide de faire une visite au Spa du Bally's. En
deux mot et comme l'excellent Gotlieb, je dirais : "Rhâââ Lovely..." . Jacuzzi, Sauna, Hammam, massage suédois... un vrai bonheur. Ca vaut largement le prix que cela coûte je le recommande vivement
! Je sors de là 1h30 plus tard et je file au Caesar pour participer au 500 de 12h. Encore une belle structure ! Je retrouve mon pote Jeremy qui le fait aussi. Nous discutons pas mal de nos mains
respectives et je pense que cela me permet de progresser. Les rounds durent 50 minutes et les antes font leur apparitions plus tard, par contre ici, pas de shuffler automatique comme au Venetian
(vous savez, le truc qui fait sortir à la demande un paquet mélangé des entrailles de la table de poker). Je pense que du coup on voit un peu moins de mains qu'au venetian même si les rounds sont
plus long.
Un truc que j'ai appris avec ces tournois, c'est que même si la structure est lente, il ne faut jamais attendre pour être agressif et construire son stack. En fait il est possible de survivre trés
longtemps dans ce type de structure, il est même possible d'être payé avec ce genre de tactique, mais je pense qu'il est trés dur de gagner un tournoi de cette façon. Pendant que vous jouez votre
jeu bien serré pour monter doucement mais surement un tapis en restant proche de l'average, certains gamblent dès le début, agressent à tout va et se retrouve avec des tapis monstres quand cela
devient vraiment utile. Et d'après vous, lesquels retrouve-t-on en table finale ? Je pense que c'est une ou deux "serrures" pour huit "agressifs" qui sont passés à travers les premiers rounds et
qui ont pris de l'avance.
C'est facile à dire, mais moins facile à faire. Surtout quand les 500$ de buy-in représente beaucoup pour vous ! Et donc je me retrouve encore dans une position défensive assez vite....
Une anecdote quand même : devinez qui est à ma table ? Allez... une photo pour vous aider :
Et bah oui, c'est le bon vieux TJ Cloutier ! Ca fait drôle de jouer à la même table que lui. Tout le monde se demande ce qu'il fait dans un tournoi à 500$ et apparemment lui aussi se le demande...
Il regarde partout sauf sur la table...
Il raconte pas mal d'anecdotes et ça c'est sympa, il a apparement été assez deep dans le 2500$ des WSOP.
Je vais lui voler les blinds une ou deux fois pour le fun mais c'est mon voisin de gauche qui va se faire le remake du film "Les joueurs" en sortant le champion. Mon voisin raise au Cut-off pour 3
BB, TJ au BB annonce "I'd like to gamble for all my chips with this one..." et il push. Insta-call de mon voisin avec 88...wow... TJ retourne AKs et les 8 tiennent. Out le TJ, il se barre
rapidement ( vers le Venetian m'a-t-on dit).
Je vois des coups trés interessants et je discute avec mes voisins. J'apprend pas mal de trucs. J'ai vu un "set over set" (brelan contre brelan au flop) ou le 2ème brelan arrive a coucher sa main,
impressionnant...
Je vais perdre un gros pot contre un asiatique :
Il a fait preuve d'un poker solide depuis le début du tournoi. Il est un peu plus gros que moi en tapis. J'attrape AKs au bouton, je reraise fort derrière 2 limpers. Il est au BB et il hésite trés
longtemps avant de caller, un des limpers paye, l'autre se couche. Le pot est déjà gros. Flop K83 tricolore. trés rapidement il fait un gros bet (70% du pot), le limper fold. Vous faites quoi ?
J'ai top paire - top kicker et là je raisonne comme quand je suis dans mes tournois hebdomadaires de Pokeralille, je me dit : "Si il a un brelan, il va me check raiser car il sait que je fais
souvent des continuous bet". Du coup, je me sens pas mal et je veut pas lui donner de free card. Je reraise. Autant vous dire que ce reraise là, il me coute cher (40% de mon tapis que j'avais déjà
bien monté). Et là, il fait quoi mon ami Bruce Lee ? Et bah, il me demande "How deep are you ?", Je lui répond "Quite deep my friend, quite deep... I'll show you my friend ! *". Et il répond
calmenent "Ok. I'm all in". Glups, glups, et re glups... et bah voilà, on est pas chez Vincent un soir de SPT, on est à Vegas crénom de nom et il vient de me fisher** grave le champion ! Je fais
mon malin 2 minutes pour pas perdre la face et je mucke mes cartes.
Plus tard, je vais longuement discuter du coup avec d'autres joueurs. Je vais comprendre que le style de jeu que j'affiche permet à certains bons joueurs attentifs d'optimiser leurs coups contre
moi...
En gros, je résume : mon raise pre-flop est trop gros pour être AA ou KK, ça sent le AK à plein nez. Le BB call en anticipant un éventuel montage de piège. Le flop tombe avec son K. Le brelan de K
est trés peu probable chez moi. Et là il attaque fort pour maximiser l'effet reraise (c'est pas un check raise, c'est un bet reraise). Ensuite, il connait mon style de jeu et il sait trés bien que
je sais folder AK sur ce type de flop. Après, sa main a peu d'importance, il peut avoir un brelan de 8, de 3... il peut même faire ça avec QQ si il a les nerfs solides, voire 2 briques... mais bon
ça je préfère ne pas l'imaginer, ça me fait trop mal ;-) .
Je me retrouve short-stack et c'est la loi de la survie dans la jungle. Je vais encore tenir 2 heures en pushant régulièrement. 3 big stacks sont bougés à ma table et ma survie ne tient plus qu'à
un fil. Le coup de grâce tombe : je pousse avec 99, le mega chipleader annonce all-in derrière pour isoler. Il retourne JJ et pas de miracle au board.
Un repas sur le pouce plus tard, j'ai juste le temps de m'inscrire pour le 150$ quotidien de 19 heures. Une structure identique mais un stack de départ de 5000 (au lieu de 15000). A ce prix, c'est
néanmoins introuvable en France. La structure est 2 fois plus lente qu'à l'ACF. Pour trouver un truc équivalent, il faut mettre 500€ en France.
Le buy-in me paralyse moins et je décide de me la faire gammmmbolll ! En fait ça se passe bien, j'ai une image de loose aggro parfait, je prend plein de pot et je monte à 8000 en 30 minutes. Un
type à la table va sortir un autre joueur (AA vs KK) et il va donc passer a environ 10k.
Le set-up arrive : un pot non raisé : 5 limper, je check mon option au BB avec AT en main (trop faible pour une relance avec autant de monde). flop AA5. Je me dit : AJ AQ et AK aurait relancé
preflop, je suis pas mal du tout. Je bet d'entrée pour faire celui qui arrache le pot (ça colle avec mon image). Le gugusse qui a 10k, il est enervé parce que je lui est piqué ses blinds 2 tours de
suite et je suis pas étonné de le voir réagir. Il me reraise. Je marque un temps d'hésitation et je call. turn 2. Je fais le check du mec qui a compris qu'il est peut-être battu. Ca accroche, il me
regarde avec un air de défi : "I'm all-in !". Il est arrivé pile poil où je voulais l'emmener. Instacall bien sûr. Il a A5, bien sûr aussi.... et c'est moi qui suit là où il veut que je sois...
ouuiinnnn !
Demain je vais jouer au Binion ! Le casion mythique du poker à Vegas !
A+
* du verbe "choyouver" bien connu d'en ch'nord
** du verbe "fisher" dérivé de "to be a fish" en anglais ou "aller al'pèque" en chti.